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Promenades avec les Paris Greeters : « Venez en visiteur, repartez en ami »

  • Photo du rédacteur: Klaus Lintemeier
    Klaus Lintemeier
  • 21 juin
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 juil.

D'où vient ce nom ?

« Greeter » n'est pas un mot français. Il vient de l'anglais et signifie tout simplement « celui qui accueille ». En français, l'association s'appelle officiellement « Parisien d'un jour ». Mais l'ajout anglais « Paris Greeters » figure toujours dans le nom, et ce n'est pas sans raison. L’idée ne vient pas de Paris, mais de New York, et le terme anglais est en quelque sorte devenu la marque de fabrique d’un mouvement mondial. Les Parisiens, d’ordinaire plutôt réticents face aux anglicismes, font ici une exception. C’est sans doute parce que ce mot en résume si bien l’essence. Il s’agit d’accueillir des inconnus.


Qui sont les Paris Greeters ?

Nous avons découvert que les Greeters sont des personnes d’une gentillesse hors du commun. Ils ouvrent leur ville aux étrangers sans rien demander en échange, et ils le font avec une chaleur qui vous séduit dès la première poignée de main. Ce sont des Parisiennes et des Parisiens qui aiment leur ville et leur arrondissement et qui prennent plaisir à les faire découvrir aux autres.


Ce qui les unit, c’est leur volonté de prendre le temps. Cela signifie deux, trois, parfois quatre heures pendant lesquelles nous nous promenons ensemble, discutons et finissons souvent par nous installer dans un café. Au cours de ces moments-là, nous en apprenons beaucoup sur Paris et ses habitants, sur l’arrondissement où habite le Greeter et qu’il connaît comme sa poche.


Les Greeters s’inscrivent ainsi dans la lignée de ce que Kurt Tucholsky décrivait déjà en 1924 sous son pseudonyme de Peter Panter dans la Vossische Zeitung. Son texte s’intitule « Le Paris humain » («Das menschliche Paris») et s’ouvre sur une question qui semble avoir été écrite pour les Greeters : « En quoi réside la magie de Paris ? Dans l’architecture ? Dans l’air argenté ? Dans la mode ? Dans les femmes ? Dans le champagne ? Dans tout cela à la fois ? Non. » («Worin besteht der Zauber von Paris? In der Architektur? In der silbrigen Luft? In der Mode? In den Frauen? Im Sekt? In all dem zusammen? Nein.») Ce qui fait cette ville, écrit Tucholsky, c’est uniquement son humanité. « Paris a du cœur » («Paris hat Herz»), constate-t-il, et il voit une ville où les gens se rencontrent avec une joie légère, avec ferveur, avec un amour sincère pour la nature et pour les autres.


Tucholsky raconte une scène qu’il a observée dans le « tramway » («Elektrischen»), à l’extérieur, au sud-est de la ville. Une femme chargée de nombreux sacs de marché offre une poignée de cerises au conducteur. Personne ne s’en étonne, c’est la chose la plus naturelle du monde. Ce n’est pas un pourboire, mais simplement un geste de gentillesse. Le contrôleur se réjouit de la belle couleur rouge des cerises, les empoche, et tous les passagers du wagon, écrit Tucholsky, auraient certainement agi comme cette femme. Les gens, ajoute-t-il, ne sont pas seulement polis, ils sont chaleureux. Demandez-leur conseil, et vous l’obtiendrez presque toujours, même de la part d’inconnus. Sa conclusion tient en une phrase belle et simple : « C’est une ville d’humanité. » («Es ist eine Stadt der Menschlichkeit.») Pour nous, les Paris Greeters s’inscrivent exactement dans cette tradition. Ils sont les héritiers de ce Paris humain.


De New York à la Seine

L'histoire de ce mouvement ne commence pas à Paris, mais à New York. En 1992, Lynn Brooks fonde dans cette métropole l'association «Big Apple Greeter», dans le but d'améliorer l'image de la ville grâce à un accompagnement bénévole et personnalisé des touristes. Le principe est on ne peut plus simple : des habitants accueillent les voyageurs comme des amis, gratuitement, d'égal à égal, sans programme fixe. De cette initiative naît un réseau mondial.


À Paris, il faut un certain temps avant qu’une structure propre à l’initiative ne se mette en place. Le 27 novembre 2006, l’association à but non lucratif « Parisien d’un jour – Paris Greeters » est fondée. Son siège se trouve à la « Maison de la Vie Associative et Citoyenne », rue Perrée, dans le troisième arrondissement. Aujourd’hui, Paris fait partie d’un vaste réseau. L'International Greeter Association, dont le siège est à Bruxelles, compte en 2025 environ 3 660 Greeters répartis dans 181 villes de 46 pays, qui accueillent cette année-là près de 47 000 visiteurs.



En ouvrant le site greeters.paris, l'invitation saute immédiatement aux yeux. « Visitez Paris avec un Parisien », peut-on y lire. En dessous, on trouve ce magnifique jeu de mots : « Parisien d'un jour, Parisien toujours ». Et enfin, la promesse autour de laquelle tout s’articule : « Balades gratuites dans Paris ». Mais la véritable devise de l’association se cache dans cette phrase : « Venez en visiteur, partez en ami. » On ne saurait mieux résumer cette idée.


Voici comment s'inscrire

Pour réserver une balade, il faut passer par le site greeters.paris. Nous ouvrons le formulaire et indiquons ce que nous souhaitons. Nous indiquons les dates et horaires qui nous conviennent, la langue dans laquelle la balade doit se dérouler, un quartier précis ou un thème qui nous intéresse, ainsi que nos centres d’intérêt personnels et nos remarques. Parfois, nous ne précisons pas de quartier, mais nous formulons un thème tel que le street art, les marchés, l’architecture ou l’artisanat. L’association s’occupe du reste.


Une fois notre demande reçue, nous recevons par e-mail une confirmation d’inscription indiquant le numéro de notre balade, et dès qu’un « Greeter » correspondant est trouvé, nous le contactons directement, par e-mail ou par téléphone. La lettre de confirmation mentionne son nom, une brève présentation et le lieu de rendez-vous. Il s’agit le plus souvent d’une station de métro, parfois d’un banc devant une église. La ponctualité est de mise. L’inscription doit être effectuée au moins deux semaines avant la date souhaitée, afin que l’association puisse trouver un « Greeter » adapté. Les groupes restent petits, avec un maximum de six participants par balade ; souvent, ils ne comptent que deux ou trois personnes.



À Paris, c'est à chaque fois une rencontre personnelle que nous vivons ensemble ou chacun de notre côté. Dès le début, c'est comme une promenade entre connaissances qui viennent tout juste de se rencontrer. Il n’y a rien à payer, car les Greeters sont bénévoles et refusent expressément tout pourboire personnel. L’association elle-même se réjouit toutefois des dons qui permettent de couvrir les frais de fonctionnement de l’organisation, et un système de paiement en ligne sécurisé est disponible à cet effet sur le site web. Nous profitons volontiers de cette possibilité, car sans cette petite structure associative en arrière-plan, toutes ces merveilleuses rencontres n’auraient pas lieu.


Après chaque promenade, nous invitons notre Greeter dans un café ou une petite brasserie. Autour d’un expresso, d’un verre de vin ou d’un petit en-cas, la conversation qui nous a accompagnés dans les rues se poursuit. C’est souvent à ce moment précis, à la fin d’une promenade, que l’on raconte les plus belles histoires, que l’on échange ses coordonnées, et que la promenade se transforme en une nouvelle rencontre. Pour nous, cette invitation fait partie intégrante de l’expérience. C’est notre façon de rendre un peu de ce que nous avons reçu à cette merveilleuse ville et aux Greeters.


Trois balades avec les Paris Greeters

Au cours des dernières années, nous avons réservé de nombreuses visites guidées avec Paris Greetern, et chacune d'entre elles reste gravée dans notre mémoire :


À Montmartre, une Greeter nous guide à travers des ruelles situées à quelques mètres seulement des grands flux touristiques, mais qui donnent pourtant l’impression d’être dans un autre monde. Elle nous fait découvrir des jardins cachés et de petites places secrètes. Nous nous arrêtons devant une maison discrète et observons la plaque de la sonnette. Nous y lisons des noms issus de l’histoire de l’art français : Braque, Degas, Matisse et bien d’autres encore. Notre guide sourit malicieusement et nous explique de quoi il s’agit. Ce sont précisément ces moments-là qui restent gravés dans notre mémoire après une balade avec les Greeters.



À la limite entre le 17e et le 8e arrondissement, une « Greeter » nous fait faire le tour du parc Monceau, et au cœur du parc, nous tombons sur une plaque cachée. Elle rappelle que c’est ici, le 22 octobre 1797, qu’André-Jacques Garnerin a osé effectuer le premier saut en parachute depuis un ballon. Il a sauté d’une hauteur d’environ mille mètres et a atterri sain et sauf dans le parc. Sans la guide, nous passerions devant cet endroit sans même nous douter de cette histoire.


Dans le 11e arrondissement, notre guide de Montmartre nous emmène à la découverte des arrière-cours qui font tout le charme de ce quartier de Paris. Nous pénétrons dans ces cours intérieures et y découvrons de petits ateliers artisanaux : des ateliers de restauration de meubles, des ateliers de doreurs, des menuiseries où l’on travaille depuis des générations. Dans une cour, nous rencontrons une femme qui nettoie tranquillement une peau d’agneau. Le 11e arrondissement porte cette tradition en son sein, car c’est autour du Faubourg Saint-Antoine que s’est implanté, dès le Moyen Âge, l’artisanat du meuble parisien. Notre Greeter connaît les portes, les codes, les noms des artisans, et soudain s’ouvre à nous une ville que nous ne connaissions pas ainsi auparavant.


« Coup de cœur » pour PARIS MAGIE dans la newsletter des Greeters

Nous vivons un moment de grande joie à Pâques 2026. Dans la newsletter interne des Paris Greeters, une mention enthousiaste de notre blog PARIS MAGIE paraît dans la belle rubrique « Coup de cœur ». Cette Greeter, qui nous avait déjà fait découvrir Montmartre en 2023 et le 11e arrondissement en 2025, se souvient de sa balade avec un couple d’Allemands et raconte à la communauté de l’association que ce couple tient un blog bilingue sur Paris. Elle fait l’éloge du style rédactionnel, de la qualité des photos et de la diversité des thèmes abordés, allant de la culture à la gastronomie et à l’architecture, en passant par la musique et même les chats parisiens. Nous sommes fiers de cette mention, et nous le sommes d’autant plus qu’elle provient précisément de ce cercle qui nous fait découvrir Paris sous toutes ses facettes cachées. On ne saurait rêver de plus beau compliment.


Pourquoi une balade avec Paris Greeters vaut le détour

Quand on se promène dans la ville avec un Paris Greeter, on découvre des anecdotes que l’on ne trouve dans aucun guide touristique. Ces anecdotes sont particulières, car elles sont racontées d’un point de vue personnel, ce qui leur confère une touche tout à fait unique. C’est exactement ce qui nous tient à cœur chez PARIS MAGIE : montrer le Paris humain qui se cache derrière les façades, celui dont parle également Tucholsky. Et c’est précisément pour cette raison que nous réservons régulièrement une balade avec les Paris Greeters.


En savoir plus

Combien coûte une balade avec un Paris Greeter ? La balade est gratuite. Les Greeters travaillent bénévolement et n'acceptent pas de pourboires personnels. L'association « Parisien d'un jour » accepte volontiers les dons qui permettent de couvrir les frais de fonctionnement.


Quelle est la taille des groupes chez les Paris Greeters ? Les balades sont organisées pour six personnes au maximum. Souvent, il n'y a que deux ou trois participants, ce qui permet d'avoir une véritable conversation.


Dans quelles langues se déroulent les balades ? Les Greeters parlent notamment le français, l'anglais, l'allemand, l'italien et l'espagnol. Il suffit d'indiquer la langue souhaitée lors de l'inscription.


Combien de temps à l'avance dois-je m'inscrire auprès des Paris Greeters ? L'association recommande de s'inscrire au moins deux semaines à l'avance via le site web greeters.paris.


Les Paris Greeters sont-ils des guides touristiques officiels ? Non. Les Greeters sont des Parisiennes et des Parisiens qui font découvrir leur ville à titre bénévole. Ils ne possèdent pas de diplôme d'État de « guide-conférencier », mais partagent simplement leur vision personnelle de leur quartier.

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La prochaine fois il faudra demander Michel ! 😜 Alors à très vite !

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