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  • « Le Disque Bleu » : Benjamin Biolay entre chanson française et bossa nova

    Lorsque l'aiguille de notre platine Rega se pose sur la première face du « Disque Bleu », je sais dès les premières notes que c'est l'un de ces rares albums qui ne vous lâchent plus. Le onzième album studio de Benjamin Biolay, enregistré entre Paris, Sète, Bruxelles, Buenos Aires et Rio de Janeiro, est bien plus qu'une compilation de 24 chansons. C'est un voyage entre deux mondes qui déploie toute sa magie musicale sur vinyle. Le Disque Bleu sur Rega RP 10 Les deux facettes d'un double album Biolay a délibérément divisé son album en deux parties : « Résidents » et « Visiteurs ». Cette division reflète sa propre vie entre la France et l'Argentine. Depuis plusieurs années, il passe trois mois par an en Argentine, où vit également sa plus jeune fille. Les « Résidents » sont ceux qui sont restés chez eux, ceux qui ont des racines, tandis que les « Visiteurs » sont les voyageurs, ceux qui cherchent. Biolay a composé cet album avec sa guitare, sa voix et un dictaphone à cassettes – « comme un barde », dit-il, « j'avais l'impression d'avoir à nouveau dix-sept ans et de composer en secret ». Disque 1 : Résidents Le face A Le penseur – La chanson d'ouverture de l'album est la version de Biolay du Penseur de Rodin. Un homme contemple la mer et le ciel, se souvient d'un port avec des grues – probablement Sète – où il a autrefois connu « une forme de bonheur indicible » avec sa femme, son chien et ses filles. Son regard se porte vers Lyon, sa ville natale, où le Rhône et la Saône se rejoignent. Une mélancolie face à la décadence, mais sans pathos. Le refrain pose la grande question avec la nonchalance d'un homme qui fume un Dunhill : s'il n'y avait rien là-haut – « au cas où il n'y aurait rien là-haut » –, pourrais-je emmener mon bateau ? Et mes copains ? La théologie devient philosophie de bistrot. Le bonheur réside dans le concret : un bateau, des amis, un verre de vin. Pas dans la transcendance. 15 octobre (feat. Nathy Cabrera) – La chanson est un souvenir du 15 octobre 1993, un « jour dégueulasse » sous la pluie, où une femme a dit d'une voix douce mais ferme : « Il me faut ta peau, il me faut ton corps. » La chanson rassemble des fragments d'un amour : la Calabre, Ambleteuse, un pull en V sur une chaise, un visage de madone. À la fin, une carte postale parlée de la rue des Anges, une feuille d'automne pressée, un baiser. Une archéologie de l'amour où trente ans se cristallisent en une seule date. Nathy Cabrera, la bassiste argentine de Biolay depuis « Palermo Hollywood », chante avec l'accent de son pays natal – un choix qui rappelle Elli Medeiros, l'Uruguayenne qui, en 1986, a associé la chanson française aux rythmes du candombe avec « Toi mon toit ». Deux femmes d'Amérique du Sud qui colorent les chansons d'amour françaises avec les sonorités de leurs origines. Morpheus tequila – Le titre est un hommage ouvert, presque provocateur, à « Histoire de Melody Nelson » (1971) de Serge Gainsbourg. Biolay explique lui-même : « Mon idée, c'était d'embarquer Melody Nelson au Brésil ». De nombreux critiques ont souvent reproché à Biolay de copier Gainsbourg. Il répond à cela avec un clin d'œil : il le fait consciemment, de manière exagérée, presque parodique. Soleil profond – L'un des moments les plus rock de l'album, avec des riffs de guitare et une ambiance presque solennelle. Au début, il est question de servir et de disparaître : mettre la table, le patron a faim. Puis tout bascule : renverser la table, tout casser, couper les câbles. Le refrain est dédié à tous ceux qui sont en marge : au cœur lourd qui attend à l'arrêt de bus, aux fumeurs, aux buveurs, aux gens dans les gares, qui viennent de partout et de nulle part. À la fin, il reprend la métaphore de la chaleur intérieure, le soleil profond comme refuge, un endroit chaleureux pour tous les perdus : « Je dédie cette danse à tous les idiots et à leur roi – et à tous les idiots comme moi : « Je dédie cette danse à tous les cons et leur roi – et au soleil profond. Je dédie cette danse à tous les cons comme moi – et au soleil profond ». Au ranch – L'éloge ironique de Biolay sur la fuite hors de la société. Le ranch symbolise un retrait – à Sète, en Argentine, loin de Paris et des gens. Ceux qui ont plus peur du troupeau que des animaux, qui supportent le vide et aiment le vent de la résurrection sont les bienvenus ici. Mais le ton est ambigu. La liberté sent l'immobilisme : on se dépêche de ne rien faire. On mange des pêches et on tire sur des cibles en bambou. La retraite est aussi un exil, le paradis aussi une impasse. Anubis à l'horizon rappelle qu'on n'échappe pas à la mort, seulement aux vivants. Et à la fin, l'avertissement : le destin distribue des gifles et des balles de plomb, peu importe où tu te caches. Le ranch n'est pas une solution, seulement un sursis. Testament – Der Song ist genau das, was der Titel sagt: Biolays letzter Wille in Alexandrinern, dem klassischen französischen Versmaß. Wenn der Tau nicht mehr an der Resede perlt, soll man wissen: Er will im Sommer sterben, «mourir d'été» – nicht an Krankheit, sondern an der Fülle, am Licht. Er will kaum Spuren hinterlassen, nur eine bescheidene Aussicht, ein paar Worte an einer Hintertür. Die Melodie erinnert an die Melancholie von Charles Trenet, dem Biolay ein ganzes Album gewidmet hat – dieselbe Leichtigkeit, mit der vom Sterben gesungen wird, derselbe Sonnenschein über dem Abschied. Am Ende die Anspielung auf François Villons «Où sont les neiges d'antan»? (1461) – wenn er nicht wiederkommt, hat ihn der Schnee von gestern gerufen. Biolay reiht sich damit in eine 500 Jahre alte Tradition französischer Dichter ein, die über Vergänglichkeit schreiben. Le face B Juste avant de tomber – La chanson parle de la mort, mais Biolay n'en fait pas une tragédie. Il renverse les attentes : au lieu de la vie qui s'écoule, il voit la fée au-dessus de son berceau. La mort ramène au commencement, pas à la fin. Il ne se prend pas au sérieux, ni les autres d'ailleurs. Il imagine déjà les invités à ses funérailles : parfumés, ennuyés, avec des lunettes de soleil hors de prix. Il demande à être jugé pour ses péchés, et non pour ceux des autres – un renversement impertinent. Les arrangements de Valentin Couineau portent la chanson avec une légèreté qui correspond à son contenu : de grands gestes sans pathos. À la fin, Biolay voit les belles choses qu'il avait oubliées. La chute n'est pas un accident, mais un lâcher-prise. Mon pays – La déclaration d'amour de Biolay à la France – mais une déclaration inquiète. Le refrain « Tiens-toi sage, ô mon vieux pays » ressemble à un parent qui réprimande un enfant turbulent : comporte-toi bien, tiens bon avant qu'il ne soit trop tard. La phrase « Aujourd'hui maman est presque morte » est une citation tirée de « L'Étranger » d'Albert Camus, à une différence près : chez Camus, la mère est morte, chez Biolay, elle est presque morte. La France n'est pas encore morte, mais elle en est proche. Les images sont apocalyptiques : fièvre sur l'asphalte, fruits qui rêvent de pluie, histoire millénaire et demie qui bascule. Et puis la pointe amère : nous nous y habituons, nous nous enveloppons de déni. Biolay n'accuse pas, il constate. Une chanson d'adieu à un pays qu'il aime et qu'il voit se dégrader. Oh la guitare – Biolay met en musique un poème de Louis Aragon, le poète surréaliste qu'il admire. Il emprunte les mots d'un autre pour parler de son propre instrument – une double preuve d'amour. Le poème traite de la guitare comme réceptacle de tout ce qui ne peut être dit. Pour Biolay, c'est une affaire personnelle : la guitare est son instrument, son réconfort, son outil. Avec les mots d'Aragon, il dit que sans elle, il ne reste que du bruit. Pauline partout, Justine nulle part – L'un des morceaux les plus rock de l'album, mais aussi un véritable chef-d'œuvre satirique. Un critique décrit la chanson comme « un régal de contrepèteries avec Jacky et Michel Sardou en invités surprises ». Le titre lui-même est un slogan politique bien connu en France, qui fait allusion à des affaires judiciaires : « Pauline » est partout, « Justine » (phonétiquement proche de « Justice ») nulle part. Biolay inverse les valeurs : mort aux arbitres, vive les escrocs. Il ne s'agit pas d'une glorification, mais d'un diagnostic amer : quand la justice fait défaut, il ne reste plus que l'anarchie. Le jeu de mots avec Michel Sardou et Michel Rocard résume bien la situation : la France devient de plus en plus Sardou (le chansonnier conservateur) et de moins en moins Rocard (le Premier ministre social-démocrate). Résidents, visiteurs – La chanson titre de l'album conceptuel, qui, outre « Morpheus tequila », est le deuxième hommage rendu à « Histoire de Melody Nelson » de Gainsbourg. Sur le plan du contenu, c'est une chanson profondément personnelle, écrite dans l'avion qui l'emmenait en Amérique du Sud. Biolay explique : « C'est une chanson écrite dans l'avion, une tranche de vie, quand je suis fatigué et que je m'écroule dans un vol pour l'Amérique du Sud ». Dans ces moments-là, il pense à ses deux filles : Anna, née en 2003 de sa relation avec Chiara Mastroianni, et Louise, qu'il a eue avec l'actrice sud-américaine Sofia Wilhelmi et qui vit en Argentine. Le titre lui-même résume un dilemme : celui qui vit entre deux mondes est à la fois habitant et visiteur partout, sans être vraiment chez lui nulle part. Trois grammes – La chanson clôt le premier album « Résidents » et résume Biolay en un seul morceau. C'est une déclaration d'amour, récitée par un ivrogne sous le mauvais balcon. Mais il a trois grammes d'amour en lui – « trois grammes » signifie en français complètement bourré – trois pour mille. La chanson est l'autoportrait de Biolay en tant que troubadour. La première moitié ressemble à Verlaine ou Baudelaire – deux âmes dans le champ de mines de la dépendance mutuelle. La chanson montre que la pose du poète et la vérité de l'ivrogne coïncident chez lui. Il prend le grand geste au sérieux et s'en moque en même temps. L'amour est sacré et ridicule, l'art est tout et rien. Disque 2 : Visiteurs Le Face C Adieu Paris – La chanson explique pourquoi Biolay a quitté Paris. Il appelle ironiquement la ville « Paris-les-Bains », une station balnéaire sans mer. La pluie est monotone, l'automne lui brise le cœur. Le Paris qu'il décrit est fatigué : de vieux diplômés de l'ENA en mocassins. Des bancs que plus personne n'utilise, des marrons chauds sous la bruine. Le refrain est un adieu : « Adieu, Paname, tu pleures trop ». Biolay a besoin de lumière, de Sète, de la Méditerranée, de Buenos Aires. À la fin, il s'en va sans sa copine sur son scooter – « hasta luego », pas « adieu ». Il reviendra peut-être. Mais pas tant qu'il pleuvra. Ne me laisse jamais sortir – Le titre « Ne me laisse jamais sortir » est paradoxal : un appel à l'aide qui est en même temps un souhait. Dans le contexte des allers-retours de Biolay entre différents lieux, il pourrait s'agir d'un refuge – une relation, une maison à Sète, un espace intérieur – que l'on ne veut pas quitter. Son placement juste après « Adieu Paris » suggère qu'après avoir fait ses adieux à la ville, vient maintenant le désir de sécurité. Musicalement, c'est une ballade intime, portée par la guitare et la voix. Mauvais garçon – Cette chanson est inhabituelle pour Biolay : il chante du point de vue d'une femme prisonnière d'une relation toxique. Le mauvais garçon la rabaisse, lui dit qu'elle n'est pas belle, contrôle avec qui elle danse et parle, mais il dit qu'il l'aime. Elle se demande sans cesse : pourquoi est-ce que je reste ? La référence musicale à Antônio Carlos Jobim rend la chanson encore plus oppressante. La douce bossa nova berce, tandis que les paroles traitent de violence émotionnelle – le même contraste que Gainsbourg maîtrisait si bien. La mélodie légère est le piège dans lequel la femme est prise : tout semble inoffensif, voire beau, mais elle n'est qu'une marionnette dont il tire les ficelles. À la fin, elle retrouve l'amour-propre qui l'attendait loin de ses bras. Mais le refrain continue – « mais moi, je reste » –, comme si la libération n'était pas encore tout à fait crédible. Biolay montre à quel point il est difficile de sortir de tels schémas, même quand on en est conscient. La prise de conscience seule ne suffit pas. Tout nu et tout mouillé – Un critique a décrit cette chanson comme un hommage à l'art délicat de Françoise Hardy, caché derrière un titre ridicule (« réminiscences de l'art délicat de Françoise Hardy derrière un titre pouêt-pouêt à la Carlos »). L'été est fini, les pâquerettes sont cueillies, la pelouse est brûlée. Biolay rêve d'une époque sans colonies ni autorités – et avoue tout de suite : ça n'a jamais existé. Mais ensuite, il y a le punchline : Dieu nous a donné des corps qui peuvent se réchauffer. Reste au lit, serre-moi fort. Ce n'est pas une blague – c'est le seul paradis qui fonctionne encore. Deux personnes qui se réchauffent l'une contre l'autre tandis que tout se dessèche à l'extérieur. Le titre enfantin cache l'une des chansons les plus tendres de l'album. Chanson de pluie – Cette chanson est le pendant de « Adieu Paris » : là-bas, la pluie était la raison du départ, ici, elle remplace les larmes. Biolay n'a pas pleuré depuis des jours, des semaines, des mois, alors la pluie s'en charge pour lui : « La pluie s'en charge pour moi. » L'art de vivre sans sa bien-aimée, c'est d'être ivre – « l'art de vivre sans toi, c'est d'être ivre ». Le pire n'est pas l'absence, mais la peur de l'oubli. Un jour, il ne se souviendra plus de ses caresses, il perdra le son de son rire – et cette certitude le détruit déjà. La pluie ne rit pas, elle continue simplement de pleurer. À la fin, la résolution : il était ivre d'elle, « ivre de toi ». L'ivresse n'était pas due à l'alcool, mais à elle. Maintenant qu'elle est partie, il a besoin des deux – de la pluie et du vin. Les trois amis – Un hommage émouvant à Hubert Mounier, chanteur du groupe L'Affaire Louis' Trio, décédé en 2016. Biolay rencontre Mounier à la fin des années 80. « Hubert était mon mentor. Je lui dois tout. » Mounier confie d'abord au jeune Biolay les arrangements pour L'Affaire Louis' Trio, puis l'encourage à écrire ses propres chansons. La chanson raconte l'histoire de trois amis. Puis le plus jeune meurt dans un accident de moto, un cèdre a voulu l'enlacer. Les deux autres ne sourient plus. L'un des survivants noie son spleen dans l'alcool et finit bientôt lui-même dans la tombe. À la fin, il n'en reste plus qu'un, avec le serment silencieux de revoir ses deux amis. Biolay se chante lui-même comme le dernier qui reste et qui sait qu'il les rejoindra un jour ou l'autre. Le face D Mes souvenirs – Souvenirs d'enfance à Villefranche-sur-Saône, où Biolay est né en 1973, avant de déménager à Lyon à l'âge de quinze ans pour étudier le trombone au Conservatoire. Il évoque la Renault 4L bleue de son père, les sonnets de Paul Valéry et l'album « Melody Nelson » – les plus beaux souvenirs, les moins mauvais, comme il le chante. La chanson est un catalogue d'odeurs, d'images et de moments : l'odeur mêlée du tabac, du plastique et du Chanel n° 5 provenant d'un magazine dans la voiture. L'explosion de la navette spatiale Challenger en 1986, un traumatisme collectif pour sa génération. La première visite dans une grande ville, le premier cinéma, le premier bureau de tabac ouvert toute la nuit. Le premier sentiment de ne pas être à sa place. La conclusion nous ramène au présent : à la femme qui cherchait des cigarettes au rond-point de l'Étoile avant de donner naissance à une nouvelle star – il s'agit probablement de Chiara Mastroianni. Et la première fois que quelqu'un lui a dit « papa ». Les passantes – La version de Biolay d'un grand classique. Les paroles ne sont pas de Georges Brassens, mais du poète Antoine Pol. Brassens trouve le poème en 1942 chez un bouquiniste parisien et le met en musique trente ans plus tard. Biolay, qui vit depuis des années à Sète, la ville natale de Brassens, revisite la chanson dans une version douce et berçante. Le poème parle des femmes que l'on n'a pas embrassées. La compagne de voyage dont on n'a pas touché la main. La silhouette à la fenêtre qui a immédiatement disparu. Les femmes pardonnées qui, dans les moments sombres, affichaient une mélancolie que l'on ne pouvait guérir. Antoine Pol l'a écrit quand il était jeune, Brassens l'a chanté quand il était vieux – et tous deux savaient : celui qui a raté sa vie repense à ces occasions manquées. Biolay chante cette chanson avec l'expérience d'un homme qui a beaucoup aimé et qui sait néanmoins ce qu'est le regret. Sa version n'est pas une copie, mais un hommage – à Pol, à Brassens, à Sète et à toutes les femmes que l'on n'a pas connues. Ooooooo – Un moment instrumental presque sans paroles dans l'album. Musicalement, cette chanson fait partie des moments les plus doux, avec des accents latinos, quelque part entre la bossa nova et la mélancolie, avec le typique « balancement carioca » – le rythme berçant de Rio. Mais elle n'est pas totalement dépourvue de paroles. Des images surgissent : la marée qui monte et descend, une mariée avec des hortensias, le mistral. Les « oh » ne sont pas des remplissages, mais ce qui reste quand les mots ne suffisent plus. Biolay tente de traduire la mer et les adieux en langage – et finit par abandonner. Il ne reste alors plus qu'un bourdonnement. La sieste – Une chanson sur un « Dieu » qui s'est endormi et ne se réveille plus. « T-I-E-U » fait la sieste et, malgré tous les appels SOS et les lacs asséchés, il ne bouge pas. Biolay transforme la catastrophe climatique en berceuse. L'outro est un hommage à la bossa nova : elle décrit un dieu protecteur de la musique brésilienne, diplomate, écrivain, connaisseur de whisky, mari de nombreuses belles femmes. Probablement Vinicius de Moraes, qui a inventé la bossa nova avec Antônio Carlos Jobim. Sa définition : « La bossa nova est une samba qui a écouté un peu de jazz, qui a un peu voyagé. » Biolay associe la fin du monde au rythme qui le réconforte. Kika – En surface, il s'agit de la mort d'un chien, mais la chanson va plus loin. Un petit chien s'en va, et tout part avec lui : les premiers jours à la mer, la voix de sa fille, les déménagements, le passage à l'âge adulte. Biolay chante pour sa fille, pas pour le chien. Elle est plus que sa vie, son ciel et sa terre, le jour et la nuit. Il connaît bien la nuit – comme les rues, comme les quais où le petit chien l'a vue grandir. Il pleure à chaudes larmes, même s'il est loin. C'est la malédiction du pendulaire entre les continents : les moments importants se passent sans lui. Le chien représente toute une enfance. Sa mort marque la fin d'un chapitre qui ne reviendra pas. Mais ce qui reste, c'est la petite voix qui crie « Kika » en riant – il n'oubliera jamais cela. La chanson est une déclaration d'amour à sa fille et au temps qui passe trop vite. Où as-tu mis l'été ? feat. Jeanne Cherhal – Le point d'orgue de l'album et l'un des deux duos (avec « 15 octobre » avec Nathy Cabrera). Biolay entretient une amitié et un partenariat musical de longue date avec Jeanne Cherhal. Leur première collaboration fut « Brandt Rhapsodie » sur l'album « La Superbe » (2009), une chronique douce-amère d'un couple moderne, racontée à travers des post-its et des SMS. Cherhal qualifie Biolay d'« ami de longue date ». De son côté, il l'a encouragée à enregistrer un nouvel album après six ans de pause (« Jeanne », 2025), qu'il a également produit. La question centrale de la chanson : où as-tu mis l'été que je t'avais prêté ? Les images sont à la fois concrètes et fugaces : une chambre d'hôtel baignée d'une lumière bleue, un ventilateur, un maillot de bain sur une échelle, un coyote dans les poubelles. La peau bronzée, l'eau salée, les secrets emportés par le vent. L'amour devient ici une saison, un souvenir, une métaphore du temps passé. La voix de Cherhal rompt le monologue, un contrepoids féminin nécessaire à cette quête – après 24 chansons où c'est surtout lui qui parle, quelqu'un répond enfin. Puis vient une conclusion magique : pendant un passage instrumental, Biolay lit les crédits qui ne figurent normalement que dans le livret. Il remercie « du fond du cœur » tous ceux sans qui l'album ne serait qu'« à moitié musical » : Jeanne Cherhal, Pierre Jaconelli, Johan Dalgaard, Philippe Entressangle, Nathy Cabrera, Marcelo Costa, Totem Mapu, David Donatien, Thierry Planelle, Alan, Marc Portheau, Tweety Gonzalez, Cosmo, Thomas Bonnin, Alex Gopher, Valentin Couineau, Pierrick Devin, Guto Wirtti, Fernando Samalea, Michel Bilmann, Philippe Almosnino, das Streichorchester et Gimena Álvarez Cela. Les lieux d'enregistrement : Bruxelles, Sète, Buenos Aires, Paris-Plaisance et Rio de Janeiro. Graphisme de MM Paris, Éditions du Brise Lames, administré par Romain Chapelle, un album Virgin. Le double album ne se termine pas par une dernière pointe, mais par de la gratitude – Biolay fait le générique sur la musique. C'est génial ! La chaleur sonore du vinyle Sur vinyle, « Le Disque Bleu » dégage une chaleur et une profondeur qui manquent à la version numérique. Les influences bossa nova de Buenos Aires et Rio se fondent naturellement avec la chanson française. On entend les espaces dans lesquels l'album a été enregistré : l'intimité des studios, l'immensité des espaces sud-américains. Le pressage vinyle est excellent, la gamme dynamique impressionnante. C'est surtout dans les passages calmes, lorsque Biolay murmure presque, que la qualité prend toute sa valeur. Un album magique pour notre époque « Le Disque Bleu » est également un album politique, sans être provocateur. Biolay exprime sa déception vis-à-vis de la France : « Tout part en lambeaux et ça m'attriste. Je reste malgré tout optimiste, mais il faudra de la patience pour retrouver la bonne humeur ». Sa comparaison : au Brésil, ils ont dû tenir bon pendant six ans sous Bolsonaro avant de pouvoir à nouveau espérer. Il y a vingt-cinq ans, Biolay écrit « Jardin d'hiver » pour Henri Salvador – une chanson qui marque le retour de Salvador sur le devant de la scène. Sur « Le Disque Bleu », Biolay prouve à son tour qu'il sait comme nul autre allier chanson, bossa nova et samba. La tournée : deux concepts, deux expériences Biolay revient sur scène avec une tournée en deux parties qui reflète l'album. La première partie, « Visiteurs », est acoustique, avec six musiciens sur scène, dans des théâtres et des petites salles, dont trois soirées au Théâtre Marigny à Paris fin 2025 et un grand spectacle au Grand Rex le 9 mars 2026. La deuxième phase, « Résidents », est électrique et dansante, au Zénith Paris dans le Parc de la Villette et dans de grandes salles à partir de l'automne 2026. Ce qui m'enthousiasme particulièrement : Biolay n'a pas peur des grands sentiments, mais les cache derrière des textes intelligents et des arrangements complexes. Il parvient à être à la fois intellectuel et émotionnel, français et international, mélancolique et optimiste.

  • Paris en noir et blanc : mon parcours photographique avec le Leica M11 Monochrom

    La ville lumière se montre sous son meilleur jour. J'ai le privilège de la découvrir à travers le viseur d'un appareil photo spécial : le Leica M11 Monochrom. Fin juin 2025, pendant cinq jours, je déambule dans les rues de la capitale française sous la houlette experte d'Alexander von Wiedenbeck, toujours à la recherche du moment parfait, capturé en noir et blanc pur. La magie du monochrome Avant de vous parler des endroits que nous avons visités, j'aimerais vous présenter les particularités de cet appareil photo. Le Leica M11 Monochrom n'est pas un appareil photo numérique ordinaire dont on aurait simplement retiré la couleur. Il est équipé d'un capteur spécial, développé exclusivement pour la photographie en noir et blanc, sans le filtre Bayer habituel qui sépare les différents canaux de couleur dans les capteurs couleur. Le résultat ? Une netteté incomparable, une plage dynamique étendue et une profondeur de détail qui ne cessent d'étonner même les photographes expérimentés. Avec ses 60 mégapixels, il capture les nuances les plus fines. Associé à l'APO-Summicron-M 2/35 ASPH, le Monochrom devient un rêve. Cet objectif est une prouesse technique : la correction apochromatique garantit que toutes les longueurs d'onde lumineuses sont focalisées exactement sur le même plan. C'est précisément avec le Monochrom, qui ne dispose d'aucune information chromatique susceptible de masquer les flous, que la qualité exceptionnelle de cet objectif se révèle. La netteté est déjà impressionnante à l'ouverture maximale de f/2, et la distance focale de 35 mm s'avère idéale pour la photographie de rue. Drame à la place de la Bastille Nous partons de la place de la Bastille, où la colonne de Juillet, surmontée du Génie de la Liberté doré, s'élève vers le ciel. Haute de 52 mètres, cette colonne commémore la révolution de juillet 1830. Le génie ailé qui la surmonte, créé par Auguste Dumont, brandit le flambeau de la liberté et les chaînes brisées de la tyrannie. Sur cette photo monochrome, il perd sa couleur dorée, mais gagne en présence dramatique face au ciel. Colonne de Juillet – Le Génie de la Liberté – Place de la Bastille – 4e De la place de la Bastille, il n'y a qu'un court trajet jusqu'au port de l'Arsenal . La marina offre un contraste surprenant avec la place animée. Les habitants pêchent patiemment sur le quai, tandis qu'à côté, les vieux murs du port sont nettoyés. Les ouvriers utilisent des jets à haute pression, mais ce n'est pas de l'eau : cela ressemble à une poudre nettoyante spéciale. Un ouvrier vêtu d'une combinaison de protection blanche et d'un masque respiratoire disparaît presque dans le nuage de poussière. La scène ressemble à un film de science-fiction, un motif inattendu au milieu du quartier portuaire de Paris. Port de l’Arsenal – 11 Boulevard de la Bastille – 12e Des ruelles cachées aux monuments emblématiques Dans la rue Crémieux , dans le 12e arrondissement, nous assistons à une séance photo de bijoux. Les maisons aux couleurs pastel de cette ruelle vivent de leur gaieté – pour moi, avec le monochrome, c'est justement cela qui rend l'expérience passionnante. Les différentes nuances pastel se transforment en un spectre de nuances de gris. Soudain, des détails apparaissent : le crépi rugueux, les fissures dans la maçonnerie, les ombres des volets, le chat et l'oiseau sur le mur de la maison. C'est là que se présente le premier grand défi : la mise au point manuelle de l'appareil photo à viseur. Alexander recommande d'anticiper, de faire la mise au point sur un point précis et d'attendre que le sujet se trouve exactement à cet endroit. La théorie semble simple, mais la pratique exige de la patience et un bon timing. Séance photo pour bijoux – Rue Crémieux – 12e À la basilique du Sacré-Cœur , ce n'est pas seulement l'église expiatoire qui nous attend, mais aussi la vie trépidante qui anime les marches devant celle-ci. Un moment fort inoubliable : le tournage du clip vidéo de la chanson « Chez Michel Forever » de Michel Forever est en cours sur les marches – un moment fortuit qui capture parfaitement l'atmosphère animée de ce lieu. Michel Forever, de son vrai nom Michel Sérié, est une figure haute en couleur de la vie nocturne parisienne et propriétaire du cabaret « Chez Michel Forever » à Montmartre, au 69ter rue Damrémont. Son énergie inépuisable en fait un sujet fascinant pour les photographes. Le tournage de son clip vidéo directement sur les marches du Sacré-Cœur montre une fois de plus à quel point il fait partie de l'ADN culturel de Montmartre. Chez Michel Forever – Vue de Paris (Rue du Cardinal Dubois) – 18e À quelques pas du Sacré-Cœur se trouve une autre particularité de Montmartre : le vignoble Clos Montmartre . Pour avoir une perspective particulière sur le vignoble, je me rends au Musée de Montmartre. Depuis le jardin du musée, on a une vue unique sur les vignes depuis les hauteurs, une perspective que l'on ne trouve qu'ici. Les rangées géométriques de vignes, encadrées par les maisons typiques de Paris, forment un motif graphique en noir et blanc. Vue sur le vignoble de Montmartre – Musée de Montmartre – 12 Rue Cortot – 18e Le cimetière caché de Montmartre Notre visite au cimetière de Saint-Vincent est un moment particulièrement calme. Niché dans la rue Lucien-Gaulard, ce petit cimetière existe depuis 1831 et n'accueille plus aujourd'hui que des sépultures familiales. Avec ses 900 tombes, c'est le plus petit des trois cimetières de Montmartre. Depuis 2020, Michou y est enterré. Cette figure haute en couleur de la vie nocturne parisienne, avec sa veste bleue, ses lunettes surdimensionnées et ses cheveux blond platine, a dirigé pendant des décennies son cabaret transformiste au 80, rue des Martyrs. Les fleurs fraîches sur sa tombe montrent qu'il n'est pas oublié. En juillet 2024, « Chez Michou » devra malheureusement fermer ses portes après 68 ans d'activité. Les vieilles pierres tombales et les arbres noueux, les chemins escarpés qui montent à flanc de colline et la vue sur la coupole du Sacré-Cœur créent une atmosphère très particulière. Sur cette photo monochrome, le cimetière semble intemporel, comme s'il avait toujours été ainsi. De l'autre côté de la rue des Saules se trouve le légendaire Lapin Agile, le cabaret où Pablo Picasso, Vincent van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec, Amedeo Modigliani, Guillaume Apollinaire et Max Jacob faisaient la fête toute la nuit, lorsque Montmartre était le centre de la bohème parisienne pendant la Belle Époque et les années folles. Paul Verlaine y lit ses poèmes. Maurice Utrillo échange des tableaux contre de l'absinthe. C'est ici que naît le mouvement artistique « École de Paris ». Square Roland Dorgelès – 25 Rue des Saules – 18e Les premiers moments réussis en noir et blanc Le chemin vers la tour Eiffel nous fait traverser Paris. Nous partons du Pont Neuf, où Jacques de Molay, le dernier grand maître des Templiers, fut brûlé vif un vendredi 13 mars 1314. Depuis, le vendredi 13 est considéré comme un jour malchanceux. Depuis le plus ancien pont encore debout de la ville, nous continuons vers Saint-Germain-des-Prés, puis vers le musée Rodin. Avant cela, je fais une pause chez Pierre Hermé, au 72 rue Bonaparte, et déguste la meilleure glace à la noisette du monde : la glace Infiniment Praliné Noisette. Au Musée Rodin , on comprend pourquoi les sculptures et la photographie en noir et blanc s'accordent si bien. « Le Baiser » de Rodin se trouve à l'intérieur de l'ancien « Hôtel Biron ». La lumière modèle la surface du marbre, souligne chaque courbe et chaque creux. Le monochrome rend la matérialité tangible : on voit littéralement à quel point la pierre est lisse, on sent la fraîcheur du marbre. Dans le jardin, près des bronzes, l'appareil photo montre toute sa puissance : la surface rugueuse du bronze coulé, la patine, les irrégularités intentionnelles – tout devient visible dans les nuances de gris. Sans la distraction de la couleur, le regard se concentre sur la forme et la texture. Les sculptures semblent encore plus plastiques en noir et blanc. C'est comme si l'on voyait l'œuvre de Rodin à travers ses yeux – réduite à la lumière, à l'ombre, à la forme. Le Baiser – Musée Rodin – 77 Rue de Varenne – 7e Je fais une longue pause au Café du Musée, au numéro 17 du boulevard des Invalides. Je règle la distance sur mon appareil photo et j'attends. Des adolescents se retrouvent devant le café, des Parisiennes passent avec leurs sacs de courses, quelqu'un se dépêche pour aller à son prochain rendez-vous. Le Leica à mise au point manuelle m'oblige à attendre le bon moment. Les résultats me surprennent : ils sont d'une netteté et d'une authenticité incroyables. À cet instant, je me sens proche des grands photographes de rue : Henri Cartier-Bresson, Elliott Erwitt, Robert Doisneau. Leur patience, leur œil pour le moment décisif. Je comprends alors que la photographie de rue, c'est attendre. Rester assis pendant des heures à un coin de rue, observer et composer l'image à l'avance. Au Musée Maillol , rue de Grenelle n° 59-61, se tient actuellement l'exposition « Robert Doisneau : Instant Donnes », un signe ! Accueil devant le Café du Musée – 17 Boulevard des Invalides Arrivés à la tour Eiffel , Alexander nous rappelle notre mission : ne pas photographier les motifs habituels des cartes postales, mais trouver de nouvelles perspectives et photographier les personnes qui visitent et admirent le « Tour de 300 mètres ». Paris Old Press – Avenue Anatole France – Champ des Mars – 7e Le M11 Monochrom est un hibou Avec son architecture baroque et ses jeux de lumière mystiques, l' église Saint-Sulpice représente un tout autre défi. Les fresques de Delacroix dans la chapelle, en particulier, exigent le maximum de l'appareil photo. La lumière est faible, les couleurs des fresques disparaissent dans la pénombre. C'est là que le M11 Monochrom montre toute sa puissance : alors que les appareils photo couleur produisent rapidement du bruit et perdent en netteté à des valeurs ISO élevées, le Monochrom reste d'une netteté exceptionnelle, même à 2000 ISO ou plus. Cela s'explique par l'absence de filtre Bayer. Chaque pixel du capteur capte la totalité de la lumière, et pas seulement un canal de couleur. Résultat : plus de lumière par pixel, moins de bruit, meilleurs détails. À Saint-Sulpice, je peux photographier sans problème à 2000 ISO tout en capturant chaque nuance des fresques de Delacroix. Dans l'obscurité, l'appareil photo voit presque mieux que l'œil humain. Notre-Dame de Paris – De loin Arrivés à Notre-Dame, nous nous retrouvons devant des portes closes. Une ordination sacerdotale est en cours. La cathédrale, qui vient tout juste de rouvrir après l'incendie de 2019, n'est pas accessible aux visiteurs, la place est évacuée. Les tours seront à nouveau ouvertes au public à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, les 20 et 21 septembre. Nous nous rabattons sur la tribune, qui offre une vue impressionnante sur la façade rénovée. Le M11 Monochrom montre ici toute sa puissance dans les détails architecturaux : les pierres fraîchement nettoyées brillent de mille feux, chaque sculpture ressort avec relief. Sans la distraction causée par les différentes couleurs des pierres, le regard se concentre sur la structure. Les sculptures en pierre filigranes, la rosace, les arcs-boutants : tout devient une étude de la lumière et de la forme en nuances de gris. Parvis Notre-Dame de Paris – Place Jean-Paul II – 4e Arc-en-ciel sans couleur Un heureux hasard m'offre un moment particulièrement fort : comme le métro ne fonctionne pas, je prends un nouvel itinéraire et descends à la place de la Nation. Une fois arrivé en haut, je n'en crois pas mes yeux : toute la place est remplie de gens et de musique. Je me retrouve au milieu de la cérémonie de clôture de la Marche des Fiertés , qui s'achève le 28 juin ici, place de la Nation. Le slogan de cette année, « Love is your emergency call », est visible et palpable partout. Marche des Fiertés – Place de la Nation – 11e Quelle chance pour notre tournée Leica : cette foule colorée et exubérante offre d'innombrables sujets à photographier. Dès que les gens voient le Leica, ils veulent tous être pris en photo – l'appareil photo agit comme un aimant. Je prends volontiers les photos, jusqu'à ce que la question inévitable se pose : puis-je envoyer les photos directement sur leur téléphone portable, pour Instagram et autres réseaux sociaux ? J'explique que le M11 Monochrom est certes un appareil photo numérique ultramoderne, mais qu'il renonce délibérément au WiFi et au Bluetooth. Les réactions sont savoureuses, un mélange d'étonnement et de déception. Un appareil photo sans connexion Internet en 2025 ? Beaucoup ont du mal à le croire ! Marche des Fiertés – Place de la Nation – 11e Leica Store à Paris : une journée dans la chambre noire numérique Nous passons une journée entière de notre visite au Leica Store , situé au 26 rue Boissy d'Anglas dans le 9e arrondissement (Village Royal). Nous y apprenons l'art du développement numérique, l'équivalent moderne de la chambre noire classique. La photographie noir et blanc à partir de fichiers RAW offre des possibilités incroyables. Contrairement aux photos couleur, où il faut veiller à l'équilibre entre les canaux de couleur, le monochrome se concentre uniquement sur la luminance. Chaque valeur tonale peut être contrôlée avec précision : les lumières peuvent être atténuées, les ombres éclaircies, sans créer de bruit de couleur. Ce qui est particulièrement fascinant, c'est que l'on peut cibler des zones de gris individuelles, par exemple renforcer un gris moyen sans influencer les tons plus clairs ou plus foncés. Paris rayonne aussi en noir et blanc Après cinq jours intensifs passés avec le Leica M11 Monochrom, je peux affirmer que cet appareil photo invite à voir les choses différemment. On prête attention à la lumière et aux ombres, aux textures et aux formes, aux contrastes et aux transitions. Alexander von Wiedenbeck nous a non seulement guidés vers les lieux les plus intéressants sur le plan photographique, mais m'a également appris à regarder la ville avec les yeux d'un photographe noir et blanc. Au total, j'ai pris 1 500 photos. Après les avoir soigneusement examinées et retouchées, j'en ai sélectionné 58 qui méritaient cinq étoiles, et 24 d'entre elles sont vraiment exceptionnelles. Je vous en présente douze dans cet article de blog. Encore un mot Paris sans couleur ? Pour certains, cela peut sembler être une perte. Mais vue en monochrome, la ville révèle son élégance intemporelle, sa poésie architecturale et la vie trépidante de ses rues. Merci Paris. Merci Alexander. Merci au Leica M11 Monochrom ! © 2025 Klaus Lintemeier. PARIS MAGIE. Tous droits réservés. Toutes les photographies figurant dans cet article et sur ce site web sont protégées par le droit d'auteur. Leur téléchargement, leur copie, leur enregistrement ou toute utilisation sans licence sont interdits. Vous souhaitez utiliser ces images ? 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  • Brasserie Martin : là où Paris a le goût de la cuisine de grand-mère

    Un déjeuner dans le 11e entre oignons émincés et Sam Cooke Il existe à Paris des endroits qui ne figurent pas dans les guides touristiques. Ils sont trop authentiques, trop parisiens pour que l'on y voie des touristes. Ce sont des endroits où les Parisiens restent entre eux. La Brasserie Martin, dans le 11e arrondissement, est l'un de ces endroits. Un univers vivant fait d'acier inoxydable poli et d'odeurs de viande mijotée. Après une longue promenade dans le bois de Vincennes, nous avons envie d'un plat chaud et réconfortant. Nous traversons Paris avec la ligne de bus 46 et descendons à l'arrêt Saint-Ambroise. Nous remontons la rue Saint-Ambroise sur quelques mètres et nous nous retrouvons devant la porte. En entrant dans la brasserie, une image me vient à l'esprit : ma grand-mère westphalienne, coquette dans son tablier, dans notre cuisine, cuisinant avec passion pour notre grande famille. Elle préparait des plats maison copieux, rien d'extraordinaire, mais d'une qualité exceptionnelle. La simplicité comme forme ultime de perfection. La Brasserie Martin est l'écho gastronomique de ce souvenir. Ici, on cuisine pour des gens qui savent que l'on célèbre la vie avec de bons plats et du bon vin, même si c'est un jour aussi ordinaire que ce lundi midi. Nous prenons place au comptoir. C'est une nouveauté pour nous, habitués à nous asseoir à table. Mais la vue directe sur la cuisine ouverte est trop attrayante pour que nous refusions l'aimable invitation du chef de rang. Depuis notre table, nous avons une vue directe sur l'imposant barbecue et la cuisinière où la viande est cuite. Les délicieuses odeurs montent directement à nos narines À notre droite : deux jeunes femmes, élégantes et décontractées, découpent leur poulet rôti à la broche avec une précision tranquille et boivent un verre de vin rouge, comme si la pause déjeuner était une forme d'art. Leurs conversations portent sur leurs rendez-vous au bureau et leurs partenaires. À gauche, une chaise particulière, qui reste vide dans un premier temps : une place habituelle, qui sera ensuite occupée par un homme mince, vêtu de noir, introverti et portant des lunettes. Il commande d'un simple signe du doigt. Tout le monde sait ce qu'il veut. Aujourd'hui, c'est un « magret de canard » et de succulentes « profiteroles » en dessert. Dans le coin droit, une charmante dame d'une cinquantaine d'années est assise. Du coin de l'œil, il nous semble qu'un verre de vin succède à l'autre avec la régularité d'un mécanisme d'horlogerie. Mais cela reste agréable. Elle a commandé la « Pêche du Moment » et savoure chaque bouchée avec une apparente désinvolture. Elle observe tout et rien, chroniqueuse silencieuse de la vie de la brasserie. Trois dames âgées arrivent avec un peu de retard à leur table réservée. Les excuses coulent comme du sauvignon blanc, les contacts restent légers comme des meringues. Paris dans sa forme la plus pure. Nous optons pour la « Saucisse Purée », une saucisse de porc accompagnée de salade et de purée de pommes de terre. C'est un plat délicieusement simple : la purée de pommes de terre est à la fois légère et crémeuse, très savoureuse ! La saucisse bien grillée est juteuse à l'intérieur et donne envie d'en reprendre. La salade, assaisonnée d'une sauce à la moutarde grossière, offre un contraste parfait avec sa fraîcheur et son piquant. Le tout accompagné d'une bière fraîchement tirée. Notre déjeuner – simple et savoureux. La sauce, telle un petit lac au milieu d'une montagne de pommes de terre, apporte juste ce qu'il faut d'assaisonnement Pour le dessert, nous choisissons bien sûr le « Paris-Brest », une déclaration d'amour à la reine des marathons cyclistes : Paris-Brest-Paris, 1 200 kilomètres de long, organisé seulement tous les quatre ans (voir notre article sur « Paris-Brest »). Le dessert de vos rêves : à la fois crémeux et croustillant, pas trop sucré, avec un goût parfait de noix grillées Nous engageons la conversation avec le rôtisseur. Tout en grillant la viande avec professionnalisme, il philosophe sur les raisons qui font que le 11e arrondissement est unique : « Ici, c'est tout simplement incomparable ».   Voici un aperçu du rôtisseur qui s'occupe avec décontraction et professionnalisme des rôtis, de la volaille, des steaks et des saucisses. Nous engageons la conversation avec lui et philosophons sur la vie dans le 11e arrondissement. Au même moment, le chef de cuisine dresse les assiettes et chante sans cesse une phrase tirée de « What a Wonderful World » de Sam Cooke : « Don't know much about history (…) ». Puis il discute vivement avec l'entremétier de la taille des dés d'oignons. « Ils doivent être plus petits ! », s'écrie-t-il, comme si le destin de la cuisine française en dépendait. Pendant ce temps, une jeune garde-manger prépare les salades, tandis qu'un autre fait cuire des poireaux avec dévotion. Nous pourrions les regarder pendant des heures. Le chef de cuisine, qui aime chanter, en pleine action : il a tout sous contrôle et vérifie chaque assiette avant qu'elle ne passe au comptoir. En même temps, il donne le rythme dans la cuisine par des regards rapides et de brefs mouvements de la main. Mais il est toujours temps de s'occuper des invités et d'entendre qu'ils trouvent tout délicieux ! Dehors, derrière la fenêtre, le 11e arrondissement se dévoile dans son décor sans prétention. Ici, où les petits cafés côtoient les primeurs maghrébines, où le boulanger casher salue le coiffeur vietnamien, où l'ouverture sur le monde est si naturelle que personne n'en parle plus, ici, Paris est tel qu'il devrait être. Ce n'est pas une coexistence, mais une convivialité qui semble aussi naturelle que la façon dont le cuisinier chante « Don't know much about history » tout en dressant les assiettes. Après deux heures agréables, nous partons. Nous flânons dans les rues du 11e arrondissement et réfléchissons : « Quel endroit exceptionnel ! Il n'en existe pas deux comme celui-ci ? ! » Quelle belle pause déjeuner ! La Brasserie Martin fait partie d'une série de brasseries de « La nouvelle Garde », un groupe gastronomique fondé en 2019 par Charles Perez et Victor Dubillot. Son objectif : réinterpréter les classiques de la cuisine française traditionnelle avec une sélection de produits locaux et saisonniers de grande qualité. Sur le site web de la Brasserie Martin, on peut lire un message presque combatif : « On se bat pour sauver notre patrimoine gastronomique français, alors dans la mesure du possible on se fournit autour d’ici et en région sur la presque totalité de nos produits ». Tous portent fièrement le t-shirt correspondant, non seulement celui de la brasserie, mais aussi ceux de toutes les autres brasseries. À Paris, on trouve encore la Brasserie Dubillot dans le deuxième arrondissement, la Brasserie des Prés dans le sixième arrondissement et la Brasserie Bellanger dans le dixième arrondissement. La Brasserie des Prés ou Bellanger sera notre prochaine destination lorsque l'envie d'une bonne cuisine française nous prendra à nouveau : Nous aurons un gros appétit !

  • Journées européennes du patrimoine 2025 : Paris ouvre ses portes fermées

    C'est un week-end pluvieux de septembre, mais la bruine ne peut ternir notre enthousiasme : aujourd'hui, nous allons redécouvrir Paris, non pas le Paris des touristes, mais ce Paris caché qui ne se révèle qu'une fois par an, et surtout aux Parisiens eux-mêmes. Les 20 et 21 septembre 2025, les Journées européennes du patrimoine transformeront la ville en un livre d'histoire vivant et accessible, dont les chapitres s'ouvriront pendant deux jours : nous aurons l'occasion de découvrir la vie intérieure de lieux chargés d'histoire. ( https://journeesdupatrimoine.culture.gouv.fr ). Nous sommes heureux d'avoir obtenu des billets d'entrée pour des lieux exceptionnels, car sans eux, l'accès est strictement interdit. D'autres lieux peuvent toutefois être visités sans inscription préalable, comme la Sorbonne par exemple. Grand Palais – Cathédrale de verre et d'acier Notre voyage dans le temps commence au Grand Palais, cette salle monumentale en verre datant de 1900. Après des années de rénovation, elle brille à nouveau de mille feux. Sous l'imposante coupole de verre qui surplombe « La nef », nous entrons dans un monde grandiose. Ce qui nous frappe immédiatement, c'est le magnifique vert mat qui orne tous les éléments en acier. Est-ce nouveau ? Non, c'est le vert caractéristique avec lequel le Grand Palais avait été inauguré à l'époque. Il brille à nouveau de mille feux et met encore plus en valeur l'architecture épurée du bâtiment. La rotonde du Palais d'Antin a été créée en 1937 dans le cadre de l'exposition « Arts et Techniques dans la Vie Moderne ». Nous sommes assis sur un banc et laissons l'espace agir sur nous : la structure en fer filigranée témoigne de l'essor industriel, tandis que les ornements Beaux-Arts évoquent une époque où la beauté était la mesure de toutes choses. Ici, où Karl Lagerfeld mettait autrefois en scène ses spectaculaires défilés Chanel, la Belle Époque et la modernité se fondent en un tout harmonieux. Nous comprenons pourquoi Karl Lagerfeld a un jour mis en scène ici une plage et une mer. Il y a ici de l'espace et de la grandeur. Hôtel de Charost – La Grande-Bretagne à Paris La pluie nous accompagne dans le huitième arrondissement, où l'Hôtel de Charost fête son 300e anniversaire. Habituellement aussi fermée qu'un club pour gentlemen de Bond Street, la résidence de l'ambassadeur britannique ouvre aujourd'hui ses portes au 37-39 rue du Faubourg Saint-Honoré. Depuis 1814, l'Union Jack flotte ici sur le parquet français – une ironie de l'histoire qui n'aurait certainement pas amusé Napoléon. À l'entrée, le roi Charles III nous accueille depuis un portrait encadré d'or posé sur une table à thé recouverte d'une nappe à fleurs et d'un vase. Nous nous sentons comme des invités à l'« Afternoon Tea ». Dans une salle, nous apercevons une table richement dressée avec de l'argenterie, de la porcelaine fine et des décorations de fruits frais. Sur les murs, nous trouvons différentes œuvres d'art : des peintures historiques côtoient des installations vidéo contemporaines. L'exposition d'art contemporain dans les « Glazed Galleries » change à chaque fois qu'un nouvel ambassadeur prend ses fonctions. Un autre trésor se cache derrière le bâtiment : un magnifique jardin anglais avec des parterres de fleurs soignés, des sentiers sinueux, des meubles en bois de style, un court de tennis et, comme souvent, de magnifiques arbres centenaires que l'on ne s'attendrait pas à trouver dans cette ville. Malgré le temps, de nombreux visiteurs se promènent dans le jardin. Nous avons l'impression d'être à la garden-party royale du roi Charles III. Les « Glazed Galleries » à l'arrière de l'Hôtel de Charost Hôtel de Matignon – Au cœur de la politique française La couverture nuageuse se déchire et notre visite découverte se poursuit au numéro 57 de la rue de Varenne, dans le septième arrondissement. Depuis 1936, l'Hôtel de Matignon est le siège et le lieu de travail des Premiers ministres français. Le 9 septembre 1944, Charles de Gaulle y préside la première réunion du Conseil des ministres parisien du gouvernement provisoire de la République française. L'histoire de ce manoir se lit comme un Who's Who de l'aristocratie européenne : Montmorency, Grimaldi et Talleyrand ont tous laissé leur empreinte ici. Nous faisons la queue avec impatience. Ici aussi, la procédure d'entrée comporte plusieurs étapes : on vérifie d'abord la validité du billet d'entrée, puis on le vérifie à nouveau avec la carte d'identité, et enfin on fouille les sacs. La sécurité prime dans ces lieux, et tous les visiteurs attendent patiemment. On commence à discuter : d'où venez-vous ? Est-ce la première fois que vous participez aux « Journées européennes du patrimoine » ? Qu'avez-vous encore au programme ? Le contrôle de sécurité était parfaitement organisé Ce qui nous étonne en parcourant les salles, c'est le mélange entre faste et fonctionnalité pragmatique. Ainsi, plus de 30 chaises en acrylique à l'aspect inconfortable entourent une imposante table de réunion dans la Salle du Conseil. Dans chaque pièce se trouve une photo imposante d'Emmanuel Macron. Il nous guide avec une certaine sévérité à travers les locaux, tout comme les nombreux représentants dignes de la garde républicaine qui veillent à la sécurité et à l'ordre à chaque endroit. Salle du Conseil im Hôtel de Matignon Und noch etwas erstaunt: Die Bescheidenheit und Funktionalität der Arbeitsplätze. Man nutzt das, was da ist. Das historische Mobiliar erhält keine Sonderbehandlung, sondern wird selbstverständlich integriert. Man spürt: Wir sind nicht im Museum, hier wird gearbeitet. Le bureau du Premier ministre, son képi toujours à portée de main Un joyau se cache ici aussi derrière le bâtiment : environ trois hectares de parc privé au cœur de Paris. On y trouve une grande variété d'arbres qui remontent à une belle tradition : chaque Premier ministre est invité à planter un arbre de son choix. Cette tradition se poursuit encore aujourd'hui. Seul Jacques Chirac y a renoncé lors de son deuxième mandat. On peut profiter du jardin par tous les temps Banque de France – Versailles à Paris Notre prochain arrêt nous conduit à la Banque de France, dont le siège se trouve à l'Hôtel de Toulouse, dans le premier arrondissement, au 39 rue Croix des Petits Champs. Ce hôtel particulier, conçu par François Mansart, appartenait autrefois au comte de Toulouse, Louis-Alexandre de Bourbon. La Banque de France est fondée le 18 janvier 1800 par un groupe de banquiers à l'initiative de Napoléon Bonaparte. L'objectif était de surmonter la crise économique qui a suivi la Révolution française et de créer une monnaie stable. Quelques années plus tard, elle obtient le monopole de l'émission des billets de banque et devient ainsi le cœur du monde financier français. Une exposition interactive sur l'évolution de la monnaie et de l'économie de marché nous guide à travers le hall d'entrée et tout le bâtiment. Les nombreux stands d'information tenus par les employés de la banque permettent de poser des questions, notamment sur la stabilité de la monnaie européenne. Du bâtiment moderne, nous passons enfin à la partie historique datant des XVIIe et XVIIIe siècles. Nous entrons dans un monde monarchique : la « Galerie Dorée », longue de 40 mètres. Une salle somptueuse dont la splendeur remonte à l'époque du comte de Toulouse, un légitimé – illégitime. La « Galerie Dorée » a été redécorée au début du XVIIIe siècle dans le style Régence et restaurée en 2015. Le plafond est orné d'une peinture allégorique réalisée par François Perrier en 1645, représentant Éole et Junon Au fond, 27 mètres sous terre, 2 436 tonnes d'or sont conservées dans la légendaire chambre forte « Souterraine » : les réserves d'or de la France. La fin d'un formidable voyage découverte Notre visite découverte s'achève en fin d'après-midi. Les Journées européennes du patrimoine nous ont montré ce qui rend Paris si unique : la ville garde précieusement ses secrets pour les partager ensuite, l'espace d'un instant, avec tout le monde. Chaque lieu que nous avons pu visiter aujourd'hui racontait sa propre histoire : de l'essor industriel du Grand Palais aux secrets diplomatiques de l'Hôtel de Charost, en passant par le centre du pouvoir à l'Hôtel de Matignon et la richesse de la Banque de France. C'était comme un voyage dans le temps à travers les différentes couches de la ville, où tradition et modernité ne s'opposent pas, mais s'assemblent pour former un tout harmonieux. De retour à la maison, nous trinquons au champagne à ce week-end exceptionnel. Cette année, nous avons manqué le palais de l'Élysée et le Sénat français. Ils figurent désormais en tête de notre liste pour 2026. Car une chose est sûre : nous renouvellerons cette merveilleuse découverte. À nous Paris ! L'année prochaine, nous attendrons les trois heures devant le Sénat

  • Marin Montagut : la fascination de l'artisanat d'art à Paris

    Dans les petites ruelles du sixième arrondissement se trouve le numéro 48 de la rue Madame. À quelques pas du Jardin du Luxembourg, une porte s'ouvre sur une autre époque. C'est ici que réside Marin Montagut, artiste, illustrateur et collectionneur de l'art de vivre à la française. Marin Montagut est lié à l'artisanat artistique depuis son plus jeune âge. Il est originaire de Toulouse. Sa famille est ancrée dans le commerce des antiquités et sa grand-mère était également une artiste talentueuse. Un aimant pour les visiteurs d'Extrême-Orient Lors de nos visites régulières dans la boutique, nous remarquons toujours que le magasin attire les touristes asiatiques, en particulier les clients japonais. Cette popularité n'est pas le fruit du hasard : le compte Instagram de Montagut compte plus de 373 000 abonnés. Il a fait de son magasin une attraction pour les voyageurs asiatiques soucieux de leur style. La fascination des Japonais pour l'esthétique française se marie ici à la mise en scène des produits par Montagut. Cette symbiose incarne parfaitement l'image romantique de Paris cultivée au Japon depuis des décennies. La magie des détails : motifs et messages Les produits Montagut sont bien plus que de simples objets utilitaires. Ce sont des déclarations d'amour à Paris, fabriquées à la main. Les célèbres chaises du Jardin du Luxembourg ornent des verres, des tasses, des coussins et des écharpes. Ces « Chaises du Luxembourg » sont devenues sa marque de fabrique. Chaque verre peint à la main porte l'inscription « Jardin du Luxembourg ». Les verres sont soufflés à la bouche et peints à la main dans ses ateliers parisiens. Ses foulards en soie représentent des vues aériennes des jardins parisiens. Ils sont accompagnés d'accessoires caractéristiques tels que des palmiers et les emblématiques chaises vertes. Les « vitrines à merveilles » sont des œuvres d'art tridimensionnelles en papier mâché. La trouvaille spéciale : le canotier Parmi tous les trésors de la boutique Montagut, nous découvrons un canotier classique. Il s'agit d'un chapeau de paille à calotte plate et à bords plats, orné d'un ruban rouge et bleu. Cet élégant chapeau d'été tire son nom des capitaines amateurs (« canotiers ») qui naviguaient sur la Seine à la fin du XIXe siècle. Au fil du temps, le canotier devient un symbole de statut social. Les femmes comme les hommes le portent à vélo. Léger, il protège du soleil tout en restant élégant. Gabrielle Chanel en fait son emblème. Il contraste avec les chapeaux féminins exubérants de son époque. Maurice Chevalier et Fred Astaire le portent sur scène. Le célèbre tableau de Renoir « Le déjeuner des canotiers » de 1890/91 l'immortalise. Aujourd'hui, ce chapeau de paille avec son ruban caractéristique est un élément intemporel de l'art de vivre à la française. Il est parfait pour une promenade estivale dans Paris ou une balade à vélo le long de la Seine et de la Marne. Nous l'avons également ajouté à notre collection Paris ! L'univers magique de Montagut s'étend sur trois lieux La boutique située au 48, rue Madame, dans le 6e arrondissement , est le magasin principal, à proximité immédiate du Jardin du Luxembourg. L'ancien atelier de tapissier a été divisé en trois pièces : une boutique de curiosités, un boudoir et un studio. Toutes sont décorées dans différentes nuances de vert, du vert kiosque parisien au vert émeraude le plus profond. Les trésors sont créés dans son atelier à Montmartre . Presque tous les produits sont fabriqués à la main ici. Ses artisans peignent environ quinze verres par jour. C'est un choix délibéré contre la production de masse. Chaque pièce est unique. Elle est créée à l'aide de techniques séculaires, telles que le moulage en plâtre pour la porcelaine. Son troisième refuge est sa maison en Normandie , sa « Maison du Bonheur ». Ses plants de tomates ont inspiré la création d'une de ses bougies, dont la cire a été imprégnée de leur parfum. Le livre des trésors cachés Avec « Le Paris merveilleux de Marin Montagut », l'artiste a créé un livre merveilleux. Ce livre présente dix-neuf des ateliers et métiers artisanaux les plus magiques : La Maison du Pastel , située au 20, rue Rambuteau dans le 3e arrondissement, est en activité depuis 1720. On y roule encore à la main des pastels en poudre. La fabrication suit une formule secrète protégée par une marque déposée. Edgar Degas dessinait ses gracieuses danseuses avec ces pigments. La large palette de couleurs attire encore aujourd'hui des artistes du monde entier. Au Magasin Sennelier , situé au numéro 3 du quai Voltaire dans le 7e arrondissement, l'histoire commence dès le XVIIIe siècle. À l'époque, il y avait ici un marchand de couleurs. Depuis 1887, le magasin est une entreprise familiale. Gustave Sennelier fournissait autrefois Cézanne, qui le poussait à élargir sa palette de couleurs. Degas achetait ici ses célèbres pastels tendres. Plus tard, Picasso, Sonia et Robert Delaunay ainsi que Nicolas de Staël ont suivi. Aujourd'hui, David Hockney est un client régulier. La façade est restée inchangée depuis le XIXe siècle. L'intérieur est un labyrinthe de vieux comptoirs et de vitrines en chêne. Plus de 35 000 articles y sont stockés : peintures à l'huile, aquarelles à base de miel, gouaches, peintures acryliques et encres de Chine dans des centaines de nuances. La Passementerie Verrier , située au 10 rue Orfila dans le 20e arrondissement, a été fondée en 1753. C'est la dernière boutique spécialisée dans la passementerie à Paris. Depuis près de trois siècles, des artisans y fabriquent des pompons décoratifs pour rideaux. La boutique de préparations animales Deyrolle , située au 46 rue du Bac dans le 7e arrondissement, est un cabinet de curiosités par excellence. Elle enchante les visiteurs depuis 1831 avec sa collection surréaliste. Des animaux empaillés, des papillons aux couleurs chatoyantes et des instruments scientifiques remplissent les pièces. Dans la mercerie Ultramod , rue de Choiseul dans le 2e arrondissement, ouverte depuis 1832, les créateurs de mode viennent choisir leurs matériaux. Des milliers d'accessoires pour chapeaux, boutons, rubans et tissus précieux attendent ici leurs acheteurs. Les boiseries Féau situées au 9, rue Langier, dans le 17e arrondissement , transforment n'importe quel appartement en château. Elles y parviennent grâce à des portes sculptées restaurées et des moulures artistiques. Celles-ci ont été sauvées de maisons seigneuriales. À la Providence , au 151 rue du Faubourg Saint-Antoine dans le 11e arrondissement, est un paradis pour les amateurs de rénovation. On y trouve des ferrures et des robinets de toutes les époques. L' atelier Lorenzi , situé au 60 avenue Laplace à 94110 Arceuil, est l'une des dernières grandes fonderies de plâtre. Il est actuellement fermé. La librairie Jousseaume , située dans la galerie Vivienne 45-46-47 dans le 2e arrondissement, perpétue la tradition de la culture du livre à Paris. Le magasin d'antiquités Maison Soubrier , situé au 14, rue de Reuilly dans le 12e arrondissement, ressemble davantage à un musée qu'à un magasin. D'autres lieux magiques complètent la collection de Montagut. La parfumée Herboristerie de la Place Clichy , située au 87 rue d'Amsterdam dans le 8e arrondissement, fabrique des remèdes traditionnels à base d'herbes et de plantes. Divers ateliers de la Butte Montmartre abritent encore aujourd'hui des artistes dans des locaux historiques. Une quincaillerie traditionnelle propose des ferrures anciennes. Des ateliers spécialisés impriment des lithographies et restaurent des boiseries anciennes. Chacun de ces lieux raconte sa propre histoire. Chacun conserve un morceau de l'artisanat parisien. Adresse : Marin Montagut, 48 Rue Madame, 6e www.marinmontagut.com Lecture recommandée : «Le Paris merveilleux de Marin Montagut»

  • Paris en noir et blanc : Mon voyage photographique avec le Leica M11 Monochrom

    La ville lumière se montre sous son meilleur jour. J'ai le privilège de la découvrir à travers le viseur d'un appareil photo exceptionnel : le Leica M11 Monochrom. Pendant cinq jours, à la fin du mois de juin 2025, je déambule dans les rues de la capitale française sous la houlette experte d'Alexander von Wiedenbeck, toujours à la recherche du moment parfait, capturé en noir et blanc pur. La magie du monochrome Avant de vous parler des lieux que nous avons visités, j'aimerais vous présenter les particularités de cet appareil photo. Le Leica M11 Monochrom n'est pas un appareil photo numérique ordinaire auquel on aurait simplement retiré la couleur. Il est équipé d'un capteur spécial, développé exclusivement pour la photographie en noir et blanc, sans le filtre Bayer habituel qui sépare les différents canaux de couleur dans les capteurs couleur. Le résultat ? Une netteté incomparable, une plage dynamique étendue et une profondeur de détail qui ne cessent d'étonner même les photographes expérimentés. Avec ses 60 mégapixels, il capture les nuances les plus fines.  Associé à l'APO-Summicron-M 2/35 ASPH, le Monochrom devient un rêve. Cet objectif est une prouesse technique : la correction apochromatique garantit que toutes les longueurs d'onde lumineuses sont focalisées exactement sur le même plan. C'est précisément avec le Monochrom, qui ne contient aucune information chromatique susceptible de masquer le flou, que la qualité exceptionnelle de cet objectif se révèle. La netteté est impressionnante dès l'ouverture maximale f/2, et la distance focale de 35 mm s'avère idéale pour la photographie de rue. Dramatisme place de la Bastille Nous commençons place de la Bastille, où la colonne de Juillet surmontée du Génie de la Liberté doré s'élève vers le ciel. Haute de 52 mètres, cette colonne commémore la révolution de juillet 1830. À son sommet, le génie ailé, créé par Auguste Dumont, brandit la torche de la liberté et la chaîne brisée de la tyrannie. Sur la photo monochrome, il perd sa couleur dorée, mais gagne en présence dramatique contre le ciel. Colonne de Juillet – Le Génie de la Liberté – Place de la Bastille – 4e De la place de la Bastille, il n'y a qu'un pas jusqu'au  port de l'Arsenal . La marina offre un contraste surprenant avec la place animée. Les habitants pêchent patiemment sur le quai, tandis qu'à côté, les vieux murs du port sont nettoyés. Les ouvriers utilisent des jets à haute pression, mais ce n'est pas de l'eau : cela ressemble à une poudre nettoyante spéciale. Un ouvrier vêtu d'une combinaison blanche et d'un masque respiratoire disparaît presque dans le nuage de poussière. La scène ressemble à un film de science-fiction, un motif inattendu au milieu du quartier portuaire de Paris. Port de l’Arsenal – 11 Boulevard de la Bastille – 12e Des ruelles cachées aux monuments emblématiques Dans la  rue Crémieux , dans le 12e arrondissement, nous assistons à une séance photo de bijoux. Les maisons aux couleurs pastel de cette ruelle tirent leur charme de leur gaieté – pour moi, avec le monochrome, cela devient une expérience passionnante. Les différentes nuances pastel se transforment en un spectre de nuances de gris. Soudain, les détails apparaissent : le crépi rugueux, les fissures dans la maçonnerie, les ombres des volets, le chat et l'oiseau sur le mur de la maison. Le premier grand défi se présente immédiatement : la mise au point manuelle de l'appareil photo à télémètre. Alexander recommande d'anticiper, de faire la mise au point sur un point précis et d'attendre que le sujet se trouve exactement à cet endroit. La théorie semble simple, mais la pratique exige de la patience et un bon timing. Séance photo pour bijoux – Rue Crémieux – 12e À la basilique  du Sacré-Cœur , ce n'est pas seulement l'église expiatoire qui nous attend, mais aussi la vie trépidante sur les marches devant celle-ci. Un moment fort inoubliable : le tournage de la vidéo de la chanson « Chez Michel Forever » de  Michel Forever  est en cours sur les marches – un moment fortuit qui capture parfaitement l'atmosphère animée de ce lieu. Michel Forever, de son vrai nom Michel Sérié, est une figure emblématique de la vie nocturne parisienne et propriétaire du cabaret « Chez Michel Forever » situé au 69ter rue Damrémont à Montmartre. Son énergie inépuisable en fait un sujet fascinant pour les photographes. Le tournage de son clip vidéo sur les marches du Sacré-Cœur montre une fois de plus à quel point il fait partie de l'ADN culturel de Montmartre. Chez Michel Forever – Vue de Paris (Rue du Cardinal Dubois) – 18e À quelques pas du Sacré-Cœur se trouve une autre particularité de Montmartre : le  vignoble du Clos Montmartre . Pour avoir une perspective particulière sur le vignoble, je me rends au musée de Montmartre. Depuis le jardin du musée, on a une vue unique sur les vignes, une perspective que l'on ne trouve qu'ici. Les rangées géométriques de ceps, encadrées par les maisons typiques de Paris, forment un motif graphique en noir et blanc. Vue sur le vignoble de Montmartre – Musée de Montmartre – 12 Rue Cortot – 18e Le cimetière caché de Montmartre Notre visite au  Cimetière de Saint-Vincent  est un moment particulièrement calme. Caché dans la rue Lucien-Gaulard, ce petit cimetière existe depuis 1831 et n'accueille plus aujourd'hui que des sépultures familiales. Avec ses 900 tombes, c'est le plus petit des trois cimetières de Montmartre. Depuis 2020,  Michou  est enterré dans le cimetière – cette figure haute en couleur de la vie nocturne parisienne avec sa veste bleue, ses lunettes surdimensionnées et ses cheveux blond platine, qui a dirigé pendant des décennies son cabaret transformiste au 80, rue des Martyrs. Les fleurs fraîches sur sa tombe montrent qu'il n'est pas oublié. En juillet 2024, « Chez Michou » devra malheureusement fermer ses portes après 68 ans d'activité. Les vieilles pierres tombales et les arbres noueux, les chemins escarpés qui serpentent à flanc de colline et la vue sur la coupole du Sacré-Cœur créent une atmosphère très particulière. Sur cette photo monochrome, le cimetière semble intemporel, comme s'il avait toujours été là. De l'autre côté de la rue des Saules se trouve le légendaire Lapin Agile, le cabaret où Pablo Picasso, Vincent van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec, Amedeo Modigliani, Guillaume Apollinaire et Max Jacob faisaient la fête toute la nuit, lorsque Montmartre était le centre de la bohème parisienne pendant la Belle Époque et les années folles. Paul Verlaine y lisait ses poèmes. Maurice Utrillo y échangeait des tableaux contre de l'absinthe. C'est ici que la scène artistique de l'École de Paris a vu le jour. Square Roland Dorgelès – 25 Rue des Saules – 18e Les premiers moments réussis en noir et blanc Le chemin vers la  tour Eiffel  nous mène à travers Paris. Nous partons du Pont Neuf, où Jacques de Molay, le dernier grand maître des Templiers, a été brûlé un vendredi 13 mars 1314. Depuis, le vendredi 13 est considéré comme un jour malchanceux. Depuis le plus ancien pont encore préservé de la ville, nous traversons Saint-Germain-des-Prés et continuons vers le musée Rodin. Avant cela, je fais une pause dans notre quartier chez Pierre Hermé, au 72 rue Bonaparte, où je déguste la meilleure glace au praliné noisette du monde : la Glace Infiniment Praliné Noisette. Au  Musée Rodin , on comprend pourquoi la sculpture et la photographie en noir et blanc vont si bien ensemble. « Le Baiser » de Rodin se trouve à l'intérieur de l'ancien « Hôtel Biron ». La lumière modèle la surface du marbre, souligne chaque courbe et chaque creux. Le monochrome rend la matière tangible : on voit littéralement à quel point la pierre est lisse, on sent la fraîcheur du marbre. Dans le jardin, près des bronzes, l'appareil photo montre toute sa puissance : la surface rugueuse du bronze coulé, la patine, les irrégularités voulues – tout devient visible dans les nuances de gris. Sans être distrait par la couleur, le regard se concentre sur la forme et la texture. Les sculptures semblent encore plus plastiques en noir et blanc. C'est comme si l'on voyait l'œuvre de Rodin à travers ses yeux – réduite à la lumière, à l'ombre et à la forme. Le Baiser – Musée Rodin – 77 Rue de Varenne – 7e Je fais une longue pause au Café du Musée, au numéro 17 du boulevard des Invalides. Je règle la distance sur l'appareil photo et j'attends. Des adolescents se retrouvent devant le café, des Parisiennes passent avec leurs sacs de courses, quelqu'un se dépêche pour aller à son rendez-vous. Le Leica à mise au point manuelle m'oblige à attendre le bon moment. Les résultats me surprennent : d'une netteté incroyable, authentiques. À cet instant, je me sens proche des grands photographes de rue : Henri Cartier-Bresson, Elliott Erwitt, Robert Doisneau. Leur patience, leur regard pour saisir l'instant décisif. Je comprends alors que la photographie de rue, c'est attendre. Rester assis pendant des heures à un coin de rue, observer et composer l'image à l'avance. Au  Musée Maillol , au 59-61 rue de Grenelle, se tient actuellement l'exposition « Robert Doisneau : Instant Donnes », un signe ! Accueil devant le Café du Musée – 17 boulevard des Invalides Arrivés à la  Tour Eiffel , Alexander nous rappelle notre mission : ne pas photographier les motifs habituels des cartes postales, mais trouver de nouvelles perspectives et photographier les personnes qui visitent et admirent le « Tour de 300 mètres ». Paris Old Press – Avenue Anatole France – Champ des Mars – 7e Le M11 Monochrom est un hibou Avec son architecture baroque et ses jeux de lumière mystiques, l' église Saint-Sulpice  offre un tout autre défi. Les fresques de Delacroix dans la chapelle, en particulier, exigent le maximum de l'appareil photo. La lumière est rare, les couleurs des fresques disparaissent dans la pénombre. C'est là que le M11 Monochrom révèle toute sa puissance : alors que les appareils photo couleur produisent rapidement du bruit et perdent en netteté à des valeurs ISO élevées, le Monochrom reste d'une netteté exceptionnelle, même à 2000 ISO ou plus. Cela s'explique par l'absence de filtre Bayer. Chaque pixel du capteur capte la totalité de la lumière, et non pas seulement un canal de couleur. Résultat : plus de lumière par pixel, moins de bruit, plus de détails. À Saint-Sulpice, je peux photographier sans problème avec une sensibilité ISO de 2000 tout en capturant chaque nuance des fresques de Delacroix. Dans l'obscurité, l'appareil photo voit presque mieux que l'œil humain. Notre-Dame de Paris – De loin Arrivés à  Notre-Dame , nous nous retrouvons devant des portes closes. Une ordination sacerdotale est en cours. La cathédrale, qui vient de rouvrir après l'incendie de 2019, n'est pas accessible aux visiteurs, la place est évacuée. Les tours seront à nouveau ouvertes au public à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, les 20 et 21 septembre. Nous nous rabattons sur la tribune, d'où l'on a une vue impressionnante sur la façade rénovée. Le M11 Monochrom montre ici toute sa puissance dans les détails architecturaux : les pierres fraîchement nettoyées brillent de mille feux, chaque sculpture ressort en relief. Sans être distrait par les différentes couleurs des pierres, le regard se concentre sur la structure. Les sculptures en filigrane, la rosace, les arcs-boutants : tout se transforme en une étude sur la lumière et la forme en nuances de gris. Parvis Notre-Dame de Paris – Place Jean-Paul II – 4e Un arc-en-ciel sans couleur Un heureux hasard m'offre un moment fort : comme le métro ne circule pas, je prends un autre itinéraire et descends à la  place de la Nation . Une fois arrivé en haut, je n'en crois pas mes yeux : toute la place est remplie de monde et de musique. Je me trouve en plein milieu de la cérémonie de clôture de la  Marche des Fiertés , qui se termine ici, place de la Nation, le 28 juin. Le slogan de cette année, « Love is your emergency call », est visible et palpable partout. Marche des Fiertés – Place de la Nation – 11e Quelle chance pour notre tournée Leica : la foule colorée et exubérante offre d'innombrables occasions de prendre des photos. Dès que les gens aperçoivent le Leica, ils veulent tous être pris en photo – l'appareil photo agit comme un aimant. Je prends volontiers les photos jusqu'à ce que la question inévitable se pose : puis-je envoyer les photos directement sur leur téléphone portable, pour Instagram et autres réseaux sociaux ? J'explique que le M11 Monochrom est certes un appareil photo numérique ultramoderne, mais qu'il a délibérément renoncé au WiFi et au Bluetooth. Les réactions sont savoureuses, un mélange d'étonnement et de déception. Un appareil photo sans connexion Internet en 2025 ? Beaucoup ont du mal à le croire ! Marche des Fiertés – Place de la Nation – 11e Le Leica Store à Paris : une journée dans la chambre noire numérique Nous passons une journée entière de notre visite au  Leica Store , situé au 26, rue Boissy d'Anglas, dans le 9e arrondissement (Village Royal). Nous y découvrons l'art du développement numérique, l'équivalent moderne de la chambre noire classique. La photographie noir et blanc à partir de fichiers RAW offre des possibilités incroyables. Contrairement aux photos couleur, où il faut veiller à l'équilibre entre les canaux de couleur, le monochrome se concentre uniquement sur la luminance. Chaque tonalité peut être contrôlée avec précision : les lumières peuvent être atténuées, les ombres éclaircies, sans créer de bruit de couleur. Particulièrement fascinant : il est possible de traiter de manière ciblée certaines zones grises, par exemple renforcer un gris moyen sans influencer les tons plus clairs ou plus foncés. Paris rayonne également en noir et blanc Après cinq jours intensifs avec le Leica M11 Monochrom, je peux affirmer que cet appareil photo nous amène à voir différemment. On prête attention à la lumière et aux ombres, aux textures et aux formes, aux contrastes et aux transitions. Alexander von Wiedenbeck nous a non seulement guidés vers les lieux les plus intéressants sur le plan photographique, mais il m'a aussi appris à regarder la ville avec les yeux d'un photographe noir et blanc. Au total, j'ai pris 1 500 photos. Après un examen minutieux et un traitement minutieux, 58 d'entre elles ont obtenu cinq étoiles, et 24 photos sont vraiment exceptionnelles. Je vous en présente douze dans cet article de blog. Encore un mot Paris sans couleur ? Pour certains, cela peut sembler être une perte. Mais vue en monochrome, la ville révèle son élégance intemporelle, sa poésie architecturale et la vie trépidante de ses rues. Ces cinq jours ont changé ma façon de voir. Merci Paris. Merci Alexander. Merci au Leica M11 Monochrom ! © 2025 Klaus Lintemeier. PARIS MAGIE. Tous droits réservés. Toutes les photographies présentées dans cet article et sur ce site web sont protégées par le droit d'auteur français (Code de la propriété intellectuelle). Le téléchargement, la copie, l'enregistrement ou toute utilisation sans licence sont interdits. Vous souhaitez utiliser les images ? Contactez-nous pour obtenir des licences d'utilisation individuelles à l'adresse lintemeier@paris-magie.de pour : Usage privé (décoration murale, projets personnels) Usage commercial (publicité, publications, réseaux sociaux) Utilisation éditoriale (presse, blogs, magazines) Mention légale : en cas d'utilisation non autorisée, nous nous réservons le droit d'engager des poursuites civiles (cessation, dommages-intérêts conformément à l'article L.331-1-3 CPI). En France, la violation des droits d'auteur est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 300 000 € et de 3 ans d'emprisonnement (art. L.335-2 CPI). 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